Les montants des allocations chômage en 2026 restent calculés selon les règles issues de la convention du 15 novembre 2024, agréée par arrêté du 19 décembre 2024 et entrée en application le 1er janvier 2025. La réforme en vigueur depuis septembre 2026 ne modifie pas le calcul de l’allocation journalière : elle agit sur la durée d’indemnisation, notamment pour les ruptures conventionnelles individuelles. Ce point est systématiquement confondu dans les recherches des demandeurs d’emploi.
Montant de l’ARE en 2026 : pas de revalorisation au 1er juillet
Les allocations chômage sont mensualisées sur 30 jours. Les principaux montants réglementaires n’ont pas été revalorisés au 1er juillet 2026, contrairement aux revalorisations annuelles auxquelles les allocataires pouvaient s’attendre ces dernières années.
Le calcul de l’allocation d’aide au retour à l’emploi repose sur le salaire journalier de référence (SJR), établi à partir des rémunérations brutes perçues sur la période de référence. Le montant journalier retenu est le plus élevé entre deux formules appliquées au SJR – un pourcentage fixe et une partie fixe combinée à un pourcentage réduit. Ce mécanisme de calcul n’a pas été modifié par la réforme de 2026.
Un plafond et un plancher encadrent le montant journalier versé. L’allocation ne peut pas dépasser un pourcentage du SJR défini par la réglementation, ni descendre en dessous d’un minimum garanti. Ces seuils n’ont pas fait l’objet d’une revalorisation à mi-année.
Réforme de la durée d’indemnisation après rupture conventionnelle individuelle
C’est le changement structurel le plus significatif de la réforme applicable au 1er septembre 2026. La durée maximale d’indemnisation après une rupture conventionnelle individuelle est plafonnée à 456 jours avant 55 ans et à 624 jours à partir de cet âge, en métropole.
Deux précisions techniques conditionnent l’application de ces plafonds :
- Le critère déclencheur est la date de fin de contrat, et non la date de signature de la convention de rupture. Pour les situations à cheval sur le 1er septembre 2026, c’est bien la date effective de rupture qui détermine quel régime s’applique.
- Les ruptures conventionnelles collectives ne sont pas visées par cette mesure. Seules les ruptures conventionnelles individuelles, au sens strict, entrent dans le périmètre du nouveau plafonnement.
Pour les personnes de 55 ans et plus, une prolongation des droits au-delà de 624 jours reste possible, mais elle n’est pas automatique. France Travail examine les démarches de recherche d’emploi ou le projet professionnel du demandeur avant d’accorder cette prolongation.

Conditions d’affiliation et dérogation pour les primo-entrants
La condition générale d’ouverture des droits reste fixée à 130 jours travaillés ou 910 heures sur la période de référence. Cette règle de base n’a pas changé avec la convention de 2024 ni avec les ajustements de 2026.
Une dérogation s’applique depuis avril 2026 pour certains primo-entrants sur le marché du travail : le seuil peut être abaissé à 108 jours ou 758 heures. Cette mesure vise à faciliter l’accès à l’indemnisation pour des profils qui peinent à atteindre le seuil standard en raison d’une trajectoire professionnelle hachée ou d’une première insertion récente.
Les travailleurs saisonniers et les personnes sortant d’un contrat d’emploi pénitentiaire relèvent de règles spécifiques distinctes, qui ne sont pas modifiées par les ajustements de septembre 2026.
Dégressivité de l’allocation chômage et seuil d’âge en 2026
La dégressivité du montant des allocations chômage concerne les demandeurs d’emploi dont le salaire de référence dépasse un certain niveau. Le mécanisme consiste à appliquer une réduction du montant journalier après une durée définie d’indemnisation.
La réforme issue de la convention de 2024 a abaissé le seuil d’âge à partir duquel la dégressivité ne s’applique plus. Avant cette modification, les allocataires les plus âgés étaient exemptés de la dégressivité à partir d’un certain âge ; ce seuil a été revu à la baisse, ce qui élargit le nombre de personnes potentiellement concernées par la réduction du montant de leur allocation.
Impact projeté sur le nombre d’allocataires à horizon 2030
L’Unédic a publié une étude d’impact le 22 octobre 2026 sur les effets attendus de la réduction de la durée de droit post-rupture conventionnelle. Selon cette estimation, entre 35 000 et 45 000 personnes pourraient être indemnisées en moins chaque mois à partir de 2030. Il s’agit d’une projection, pas d’un bilan déjà observé : les données de recul sont insuffisantes au stade actuel pour mesurer l’effet réel de la mesure.
Cette fourchette illustre l’amplitude des incertitudes qui entourent toute modélisation comportementale en matière d’assurance chômage. Les hypothèses portent notamment sur le maintien des pratiques de recours à la rupture conventionnelle et sur l’évolution du marché du travail.
Taux de contribution des employeurs et bonus-malus
La contribution patronale à l’assurance chômage a fait l’objet d’ajustements dans le cadre de la convention de 2024. Le taux de contribution a été modifié, dans un sens favorable aux employeurs selon les dispositions de la convention.
Le dispositif de bonus-malus sur la contribution chômage cible les entreprises d’au moins 11 salariés dans les secteurs concernés. Son mode de calcul a été modifié au 1er mars 2026. Le bonus-malus repose sur le taux de séparation de l’entreprise, comparé à un taux médian sectoriel : une entreprise qui recourt davantage aux fins de contrats courtes se voit appliquer un malus, tandis que celles dont le taux de séparation est inférieur à la médiane bénéficient d’un bonus.
Cette mécanique reste inchangée dans son principe depuis son introduction, mais les paramètres de calcul révisés en mars 2026 modifient concrètement les montants de contribution pour les entreprises concernées.
Pour les demandeurs d’emploi, la convention de 2024 et ses décrets d’application 2026 forment un ensemble cohérent : le montant des allocations chômage n’a pas été revalorisé à mi-année, la durée maximale après rupture conventionnelle individuelle est plafonnée depuis le 1er septembre 2026, et les conditions d’accès ont été assouplies à la marge pour certains primo-entrants. Le calcul de l’allocation journalière reste fondé sur le salaire journalier de référence, sans modification technique du barème.

